L’artiste

Rosa Bonheur (1822 – 1899), cette femme, peintre animalier du XIXe s., primée à deux reprises par le Salon de l’Académie des Beaux-arts, fut la première femme décorée Chevalier de la Légion d’Honneur en 1865 par l’Impératrice Eugénie de Montijo. Cette républicaine est promue Officier en 1894 par le président de la République. Fière d’être une femme, elle est indépendante, sans renier sa féminité,  et dirige la première école de dessin de Paris ouverte aux filles : « Suivez mes conseils et je ferai de vous des Léonard de Vinci en jupons! ». Rosa Bonheur, était éprise de liberté ; elle  fume, chasse ; dans ses œuvres on retrouve son amour passionné de la Nature. Cette personnalité hors du commun est une des sources d’inspiration de notre esprit guinguette.

Rosa Bonheur est née le 16 mars 1822 à Quinsac près de Bordeaux. Cet attrait pour le dessin est peut-être le fruit d’une éducation originale pour une jeune fille, prodiguée par un père artiste, professeur et saint-simonien. Cette époque était fort stricte quant à l’émancipation des jeunes filles et rares étaient les jeunes filles à apprendre autre chose que la cuisine, la couture et l’éducation des enfants.

Et comme elle confesse dans ce propos sur son enfance passée au Château-Grimont à Quinsac (Gironde) : « J’étais le plus garçon de tous « . « Je vois encore l’empressement avec lequel je courais au pré où l’on menait paître les bœufs. Ils ont failli me corner bien des fois, ne se doutant pas que la petite fille qu’ils poursuivaient devait passer sa vie à faire admirer la beauté de leur pelage « . « J’avais pour les étables un goût plus irrésistible que jamais courtisan pour les antichambres royales ou impériales. Vous ne sauriez vous douter du plaisir que j’éprouvais de me sentir lécher la tête par quelque excellente vache que l’on était en train de traire« .

Marie-Rosalie a appris à peindre toute seule et grâce à l’amour de son père, qui comprit vite que le talent de sa fille le dépassait grandement. D’ailleurs, toute la famille peignait, sauf sa mère qui mourut jeune, fatiguée par l’usure de l’éducation de ses enfants (Marie-Rosalie, Juliette, Isidore et Auguste) et la maladie. Cet apprentissage a été récompensé très tôt par la sélection au Salon en 1841 et par l’attribution de la médaille de bronze accordée par le directeur des Beaux Arts en 1845. Tout artiste voulant gagner sa vie se devait d’exposer au Salon, qui avait lieu au Louvre et qui présentait quelques 2000 tableaux, tous concourant à la médaille d’or. Le succès commercial accompagna la reconnaissance par ses pairs du talent de Marie-Rosalie, devenue Rosa Bonheur en 1842.

Ci dessous la permission de travestissement pour le port du pantalon.

Rosa Bonheur a été la première femme artiste à être décorée de la Légion d’Honneur et elle le fut par Eugénie de Montijo dans son atelier de By, en lisière du château de Fontainebleau (Seine et Marne). Eugénie lui déclara : « Vous voilà chevalier, je suis heureuse d’être la marraine de la première femme artiste qui reçoive cette haute distinction ».

Le travail de Rosa Bonheur a très vite conquis l’Angleterre, puis les États Unis, où elle jouissait d’une large popularité, due aux reproductions du Marché aux Chevaux, son grand œuvre (et toile de grande dimension : 244 X 506 cm). Cette toile peinte entre 1852 et 1855 a été acheté par un Américain pour une somme astronomique pour l’époque, puis offerte par M Vanderbilt au Met où l’œuvre est toujours visible.

Alors en plein début de notoriété, Rosa Bonheur quitta son atelier de la rue d’Assas, qui ressemblait à un zoo avec divers animaux sauvages ramenés de ses expéditions à la campagne ou à la montagne, expéditions indispensables pour trouver des paysages magnifiques et croquer les animaux sauvages qu’elle aimait tant rendre la beauté dans ses toiles.

Buffalo Bill lui remit un costume d’Indien en 1889, alors qu’il donnait un spectacle sur les Champs Élysée à l’occasion de l’Exposition Universelle… Ce costume est toujours visible dans son atelier-musée. La fin de sa vie est ponctuée par la disparition de ses êtres chers, mais la rencontre en 1899 avec une jeune artiste américaine de Boston, Anna Klumpke, qui la sollicitait pour peindre son portrait, enchanta ses derniers moments.

Il est à noter que la dernière œuvre magistrale que Rosa Bonheur a peint pendant des années (20 ans d’après la guide de l’atelier Rosa Bonheur Garance Marcon) est la Foulaison. Cette toile de grande dimension (6 mètres de large!) illustrait la méthode ancestrale utilisée par les gardians de Camargue pour battre le blé. Les chevaux tournaient autour d’un axe de plus en plus vite pour casser les épis. C’est un hasard surprenant, mais Rosa Bonheur s’était éprise de cette région, restée très sauvage à son époque. La dernière œuvre de Rosa Bonheur est visible à l’atelier, c’est un groupe de chevaux sauvages pleins de fougue, Rosa avait le coup de pinceau vif et excellait toujours dans sa vision des animaux.

Vous pouvez visiter l’Atelier de By, qui fut la dernière demeure de Rosa Bonheur. L’Atelier est à peu près dans le même état qu’à la mort de l’artiste en 1899 et peut se visiter toute l’année grâce au travail de l’arrière petit neveu d’Anna Klumpke et de la mairie de Thomery.

Musée de l’Atelier de Rosa Bonheur
Château de By, 77810 Thomery (plan et itinéraire ici)
Tel. 01 64 70 51 65
Ouvert le Mercredi et Samedi de 14 h à 17 h

Vous pouvez en savoir plus en consultant le site des Amis de Rosa Bonheur.

Sources : La Voix des Amognes, Wikipedia…

Merci à Christine Courant-Vidal pour les photos.




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